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Quand nous avons reçu la première newsletter de TechTrash dans nos boîtes mails, nous nous sommes dit qu’en un sens, la traversée en solitaire prenait fin. L’humour dans la Tech a la cote ! La lutte contre la langue de bois aussi. Autant vous prévenir tout de suite, KMF ne vous dévoile pas l’identité des TechTrashers dans cette interview, mais vous en apprend davantage sur leurs motivations caustiques… et leur amour de l’info inutile.

Salut, vous pourriez me raconter comment est né TechTrash?

Tech Trash est né de notre fascination pour Loïc Le Meur et pour ces grands entrepreneurs français partis vivre dans la Silicon Valley, que nous ne trouvons pas assez mis en avant dans les médias… Trêve de plaisanterie (soyons sérieux 2mn) : Tech Trash est né d’une certaine frustration, celle de ne pas avoir un média sur la Tech en France à la fois marrant et pertinent. Après c’est peut-être un peu prétentieux, et le but n’est pas non plus de cracher sur nos concurrents (on le fait déjà assez tous les mercredis dans notre newsletter), mais on trouve vraiment qu’il manquait une voix un peu caustique, qui dise tout haut ce que tout le monde pense tout bas, dans ce milieu où la langue de bois prime et où le mot « Awesome », utilisé comme une interjection dans la Silicon Valley, est devenu le nouvel « Amen. »

 

Pourquoi avoir choisi de ne développer qu’une newsletter ? C’est plutôt radical comme choix éditorial ?

Le format de la newsletter est intéressant parce qu’il permet d’être directement dans les boîtes mail de plusieurs milliers de personnes, sans avoir besoin de faire beaucoup de marketing ou de dépenser beaucoup d’énergie dans autre chose que le contenu en lui-même. Tech Trash n’est pas monétisé – d’ailleurs le but n’est pas vraiment de l’être. Mais vu le nombre de retours positifs que nous avons, on réfléchit actuellement à lancer un autre format, blog ou podcast, dans lequel certaines idées seront développées un peu plus en longueur, et qui permettra d’en savoir un peu plus sur les trucs (inutiles) qui nous fascinent ou nous amusent.

 

Quelle est selon vous, l’utilité d’une information inutile ?

L’information inutile, c’est l’antidote à la FOMO. Des informations utiles, il y a en a déjà des tonnes partout, il suffit de scroller sur son fil d’actu Twitter. Mais quand tout le monde se vante de partager la « bonne info », a fortiori utile donc, nous avons décidé que « nos infos » seraient inutiles. Et en vrai, elles le sont sûrement : elles ne changeront la vie de personne, mais elles vous feront – on l’espère – rigoler pendant 5mn. C’est déjà pas mal, non ?

Pouvez-vous nous en dire plus sur votre audience ? Qui sont vos lecteurs ?

Nous n’avons ni le listing de contacts ni les costards de TimeToSignOff, et nous sommes donc quand même (un peu) moins lus. Mais nous avons remarqué que tous ceux qui aiment se moquer des codes inhérents au monde de la Tech sont friands de notre approche décalée – qu’ils soient startuppeurs, entrepreneurs, gens de l’écosystème Tech français, ou de grands groupes… Et les retours sont bons, nous recevons toutes les semaines des mails de lecteurs qui nous disent que ça les fait bien marrer qu’on se soit moqué d’untel ou untel, donc ça nous stimule pour recommencer la semaine d’après.

 

Vous tournez beaucoup en dérision les géants de la Tech (Elon Musk, Zuckenberg…). Qu’est ce qui vous agace chez eux?

Musk et Zuck, pour prendre les plus emblématiques, sont fascinants à plus d’un titre, mais ils cultivent un côté « rockstar » que nous trouvons, vu d’ici, extrêmement risible.

“Si on prend l’exemple de Musk : c’est un mec brillant, mais c’est quand même un peu le Donald Trump de la Tech.”

Avec ses tweets à répétition, ses annonces spectaculaires, son côté serial-entrepreneur poussé à l’extrême, et cette fausse modestie, en mode « je ne suis pas une star, mais venez quand même tous m’applaudir »… Plutôt que de dire sans arrêt que ce qu’il fait c’est génial, nous préférons nous concentrer sur ses dérapages, les moments où il est vraiment ridicule. Et nous faisons pareil avec tous les grands de la Tech – qui disent sans arrêt vouloir changer le monde, mais qui, un peu comme Gavin Belson dans la série Silicon Valley pourraient parfaitement scander des punchlines aussi absurdes que le classique « I don’t wanna live in a world where someone else makes the world a better place better than we do. ».

 

Comment, selon vous, l’écosystème French Tech peut-il s’émanciper de la culture de la Silicon Valley ?

Nous sommes convaincus qu’il faut désacraliser l’image que nous avons de la Silicon Valley (et c’est ce que nous essayons de faire dans nos articles). Les américains sont très bons dans plein de choses, mais ce n’est pas pour autant qu’il faut les prendre pour des dieux vivants. Après, étrangement, il y a de bonnes choses dans la Silicon Valley que nous n’avons pas adoptées – la culture de l’échec par exemple.

 

Vous vous intéressez également beaucoup aux ratés de la Tech. Pourquoi?

Justement, l’échec, c’est quelque chose que nous trouvons hyper intéressant. La plupart du temps c’est loin d’être grave, et il faut juste savoir en tirer des leçons et apprendre à ne pas refaire les mêmes erreurs. Après, dans un monde où chacun affirme que son produit va changer les usages de millions de personnes, c’est quand même assez drôle – jouissif, presque – de mettre le doigt là où ça fait mal.

“C’est assez drôle de démonter les projets bidons, ceux où le storytelling a pris les devants sur le reste…”

Vous moquez par ailleurs, le “premier degré” des startups. Selon vous, la French Tech n’a pas d’humour ?

En effet, on a comme l’impression que les startuppeurs français ont très peur de ne pas être pris au sérieux, et qu’ils se prennent du coup encore plus au sérieux que leurs homologues américains. Mais nous y travaillons, nous invitons d’ailleurs tous les startuppeurs qui lisent cet article à s’inscrire à notre listing d’envoi – s’ils ont du temps à perdre, évidemment.

Ces derniers temps, vous semblez vous être adoucis. Moins d’attaques frontales, plus de clins d’oeil légers. Pourquoi ?

C’est marrant parce que vous n’êtes pas les premiers à nous le dire. Pourtant, on n’a pas l’impression d’être plus doux. On se moque régulièrement d’un peu tout le monde, du plus grand campus de startups de l’univers Station F jusqu’à notre ami yoguiste Loïc Le Meur, en passant par Musk et ses petits copains de la Valley… Evidemment, on a un peu plus de scrupules à se moquer du jeune entrepreneur qui vient de lancer sa startup et qui y a mis toute son énergie et parfois aussi tout son argent, mais on se dit que c’est pour son bien, et que si finalement son projet est critiquable, et bien c’est qu’il mérite d’être critiqué.

 

On ignore tout de qui se cache derrière votre newsletter. Pourquoi rester à l’ombre des médias? Un indice à nous donner ?

C’est bon, on lâche le morceau : ici Loïc Le Meur et Leila Janah. On avait besoin d’apprendre à parler correctement français, du coup on s’est dit que de faire une newsletter serait LA bonne idée. Pour de vrai, nous sommes une (petite) bande de joyeux drilles qui travaillons (plus ou moins) dans la Tech. Mais de toute façon, on s’en fout de qui nous sommes, ce n’est pas ça qui compte.

« C’est aussi l’un des problèmes de la Tech, il faut tout le temps faire du name-dropping, le nom de celui qui parle est plus important que ce qu’il raconte. »

Pensez-vous que TechTrash et Kiss My Frogs sont sur la même longueur d’ondes ?

Nous sommes très fans de Kiss My Frogs, on pense que c’est l’un des meilleurs médias lancés sur la Tech en France, voire dans le monde. Bon, pour être tout à fait honnêtes, on n’a jamais vraiment lu ce que vous faites – mais on est sûr que ça mérite le coup d’oeil, surtout pour cette interview.

 

Qu’est-ce que vous souhaitez jeter à la benne dans TechTrash?

Rien du tout ! On a envie de multiplier les formats – après, c’est surtout une question de temps, parce que nous sommes une petite équipe et c’est dur de tout faire en même temps.

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