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La lune de miel avec le travail en startup est-elle terminée ? Autrefois fantasmé, ce cadre de travail est de plus en plus vilipendé : jeunisme, absence d’horaire, instabilité chronique, management absent… Certes, certes… mais derrière ces réserves justifiées, il faut rendre justice à la réalité du travail en startup ! Car, quel que soit ton âge ou ton parcours, ça vaut le coup. Encore hésitant ? KMF t’a concocté une démonstration en quatre temps qui convaincra même le plus frileux.

Startup = dreamjob ? Si ce cliché véhiculé par l’écosystème a encore la vie dure et que la fascination pour la planète startup perdure, une petite musique dissonante commence à se faire entendre. Et le vent de la critique souffle d’abord du côté de (très) mauvaises expériences personnelles : les startupeurs seraient des champions du burnout et des maniaques en puissances (dixit notre contributeur, Jean-Laurent Cassely).

Non vraiment, de plus en plus de gens de tous les âges craignent de tenter l’expérience startup : obligation de se fondre dans une culture du cool tyrannique et excluante, horaires, salaires et avantages calculés au doigt mouillé, flou hiérarchique incapacitant ou, au contraire, culte du Founder-CEO génie tout puissant. A se demander s’il ne faudrait pas être authentiquement toqué/inconscient/naïf (rayez la mention inutile) pour vouloir travailler dans une startup.

Soyons clair : oui, il faut être un peu tout ça. Et alors ? Travailler dans une startup, qu’on soit Founder ou apprenti, implique une appétence pour l’agilité et le risque sans commune mesure avec des jobs plus traditionnels. C’est pour ça que ce n’est pas fait pour tout le monde…Et que c’est si bon !

La culture du “cool”? Même pas peur !

 

 

Un temps considérées comme le nec-plus-ultra en matière d’expérience collaborateur avec leur tournoi de ping-pong hebdomadaire et leurs ateliers de dégustation de bières artisanales, les startups sont aujourd’hui les victimes d’un sacré retour de bâton. Le “cool” et le “casual” d’hier se sont métamorphosés en un moule culturel étouffant pour ceux qui n’y souscriraient pas. Peu à peu, les étagères des bonnes librairies se remplissent d’ouvrages de témoignages ou fictionnels écrits par ceux qui ont fait la douloureuse expérience de la tyrannie du cool.

Alors oui, inutile de se cacher derrière son petit doigt, il y a bel et bien une culture startup. Mais attention :  

1. elle n’est pas aussi homogène qu’on voudrait le faire croire

2. elle n’est certainement pas gravée dans le marbre

L’hypermédiatisation de certains patrons de la Silicon Valley, et le culte de la personnalité qui transforme la moindre de leur prise de parole informelle en slogan inspirationnel, peut donner à penser qu’il existerait des Tables de lois que doivent suivre tous les startupeurs de la Terre.

C’est évidemment faux. D’autant plus que, même si la startup française s’inspire largement du modèle américain, elle s’en est depuis de nombreuses années émancipée, notamment en mettant de côté certains réflexes un peu trop excluant du pays des winners (sans compter la question du droit du travail, ce qui n’est pas rien).

A lire aussi : Pour ou contre… un contrat de travail spécifique aux startups ?

Alors certes, le candidat à un job en startup doit s’attendre à une certaine culture très particulière. Mais n’est-ce pas le cas dans beaucoup de grands groupes ou de PME ? Toutes les boîtes ont à coeur de mettre avant un corpus de valeurs communes, une éthique plus ou moins explicite. Avec l’objectif d’y faire adhérer leurs salariés. Cependant, taille oblige, à la différence d’un grand groupe, la culture de la startup change avec chaque nouveau collaborateur ! Et elle s’apprend beaucoup plus vite.

Moralité : si tu rejoins une startup, tu auras bien plus loisir d’y imposer ta marque… même si tu n’es pas particulièrement cool/swag/hype.

Les “jeunes” ne vont pas te manger

 

 

Dans beaucoup de startups, le “cool”, ça passe par la culture jeune. Selon Stack Overflow, un site communautaire de programmeurs, l’âge moyen des développeurs dans le monde s’établissait à 29,6 ans en 2016 (même s’il était de 32 ans aux Etats-Unis). En France, la moyenne d’âge est encore plus basse : 29,1 ans. En l’absence de statistiques officielles sur les startups dans l’Hexagone, on pourra toutefois comparer ces chiffres à l’âge moyen des actifs, estimé par l’Insee à 39,6 ans en 2010, et anticipé à 40,6 ans en 2022, puis 40,5 ans en 2030.

Si les chiffres de Stack Overflow ne concernent évidemment pas l’intégralité des salariés travaillant dans les startups, ils semblent aller dans le sens d’une “exaltation de la jeunesse” par trop perçue. Mais alors, faut-il être complètement barré pour penser à intégrer une startup passé 30 ans ?

NON. Au contraire.

On ne vous dit pas que cela se fera sans accroc, mais il semble bien que l’écosystème commence à voir les défauts d’une pyramide des âges déséquilibrée qui laisse trop peu de place aux profils expérimentés. Les fondateurs de startup prennent même conscience de l’utilité d’embaucher un CEO plus âgé qu’eux !

Comme l’explique Alex Holderness sur Medium, pour toucher une clientèle plus large, rien de tel que d’avoir des effectifs reflétant cette diversité, et capables de se mettre à la place de tous les utilisateurs ! De fait, les études établissant un lien entre diversité et performance pullulent, ce qui n’aura pas manqué d’attirer l’attention de l’écosystème.

Il subsiste certes beaucoup d’incompréhensions et de préjugés de part et d’autre, mais il ne tient qu’aux trentenaires (et autres sous-représentés de l’entrepreneuriat) de les faire évoluer à l’épreuve du réel et de ne pas se complaire dans la reproduction (intériorisée) des rapports de domination. Même Madame Figaro (si, si) a senti le vent tourner et décrète que le senior est le “nouvel employé modèle des startups”… Enfin, dans certains secteurs spécifiques, la diversification des effectifs pourrait même faire décoller le business.

Le grand méchant scale n’est plus un épouvantail

 

 

Bosser dans une startup, ce serait aussi l’assurance de ne plus voir sa famille, ses amis, bref, de se tuer à la tâche. Quel individu sain de corps et d’esprit pourrait souhaiter un tel enfer ?

Le syndrome de l’épuisement professionnel, un peu médiatisé pendant la campagne présidentielle française, concerne toutes les entreprises. Selon une étude publiée en 2015 par l’institut Great Place to Work, 48% des salariés en France seraient confrontés à une situation de burnout.

Du côté des dirigeants, la menace du burnout est déjà clairement identifiée : selon plusieurs études, les entrepreneurs figurent parmi les plus exposés aux risques de burnout, et présentent des syndromes pré-burnout (entre 10% et 20% d’entre eux). Ça, c’est pour les patrons. Mais, dans les rangs des salariés, ça turbine aussi sévère.

Il n’y a donc pas de raison pour que les startups soient épargnées. D’autant qu’à en croire les nombreux témoignages en ligne, il n’est pas rare que les salariés de startups se voient assigner des postes multitâches, pour ne pas dire 2 ou 3 postes en un.

A lire aussi : Les entrepreneurs ne font rien à moitié, et surtout pas le burnout

On ne va pas vous mentir, le rythme de travail dans les startups est plus soutenu que dans beaucoup de boîtes. C’est même un peu la raison d’être des jeunes pousses par rapport aux entreprises traditionnelles : un fort potentiel de croissance (le fameux scale) qui se construit, entre autres choses, sur la productivité des employés. Car, rappelons-le, “Startup = Growth”.

Mais les choses changent. Une tendance “scale slow” est en train d’émerger : l’obsession du scale très (trop?) rapide révèle ses limites et il devient permis, même dans la Silicon Valley, de prendre un peu son temps pour ne pas se crasher à pleine vitesse. Ce qui veut aussi dire qu’on relâche un peu la pression sur les collaborateurs !

“L’épuisement permanent n’est pas un rite de passage. C’est une preuve de stupidité”, écrivait déjà en 2016 Jason Fried, le fondateur de Basecamp. La “valeur sommeil” revient même en force, à en croire un article du New York Times paru en avril. Foi de KMF, le moment est idéal pour intégrer les rangs d’une startup et y insuffler une douce brise de tempérance et de droit à la déconnexion !

Pas de hiérarchie ? Ça veut dire plus d’autonomie

 

 

Dernier cliché qui revient comme un boomerang ces derniers temps : la question de la hiérarchie et du management. En gros, les startups feraient l’économie de tout management digne de ce nom en imposant un système entièrement horizontal (le contraire du modèle pyramidal ou vertical). Si en ces temps où la hiérarchie à papa est loin d’avoir le vent en poupe, ce modèle attire des candidats brillants, d’autres restent réfractaires face à un environnement qu’ils perçoivent comme une jungle sans loi.  

Alors oui, la plupart des startups n’ont pas encore de middle manager, ce “manager de proximité”, comme on dit. Celui qui te manage en proximité… eh bien, c’est toi. Il y a de bonnes chances pour que ton “supérieur hiérarchique”, aka “CEO, fondateur et couteau suisse” ait d’autres chats à fouetter.

Mais franchement, aussi bien pour les trentenaires que pour ceux qui ont un peu de bouteille, les startups sont le cadre idéal pour s’essayer à l’autonomie, la prise de responsabilité, gérer son emploi du temps et ses priorités, savoir demander de l’aide avant qu’il soit trop tard…

Cela dit, ne nous voilons pas la face : les startups ne sont PAS des organisations non-hiérarchiques, et encore moins des organisations chaotiques. Chez Zappos, par exemple, on a poussé le raisonnement à l’extrême et mis en place l’holacratie comme mode de gouvernance. Epic fail : à supprimer toute hiérarchie pour gagner en réactivité et en créativité, c’est le la loi du plus fort qui prend le relais.

Le système mis en place pour remplacer la hiérarchie codifie tellement la façon dont les choses doivent être faites dans l’entreprise qu’il en devient le chef”, explique le consultant Nicolas Lochet.

Comme le résume très bien Francesca Pick, co-fondatrice de OuiShare Fest : “Arrêtons un peu le bullshit. Les organisations sans hiérarchie, ça n’existe pas.”

Donc, n’hésite pas à profiter de cet espace d’autonomisation et de responsabilité, tout en sachant que, non, tu ne seras pas totalement laissé à toi-même. Bien au contraire !

A lire aussi : Petit précis de management à l’usage des honnêtes entrepreneurs

Alors, convaincu ?  

 

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