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Depuis septembre 2017, French Tech Central réunit une trentaine d’acteurs publics au sein de Station F pour faciliter la vie des entrepreneurs et soutenir le développement de leur activité. Une « offre » de services publics gratuite et accessible à tout entrepreneur de l’écosystème. Parmi eux, l’Urssaf, cette « Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale », à la fois passage obligé pour les startups qui recrutent, et acteur de la solidarité nationale. Près de six mois après leur arrivée, il était temps de revenir sur cette présence intrigante, pleine de promesses. Voici donc quelques anecdotes de l’expérience de l’Urssaf à Station F, recueillies par Louis Fleuret, responsable de l’offre de services publics au sein de la Mission French Tech.

Avril 2017: rencontre du troisième type

Premier échange avec l’Urssaf dans le cadre d’une réunion entre les services publics qui seront présents à Station F au sein de French Tech Central. Ma première rencontre avec un agent de l’Urssaf, en chair et en os. C’était Laetitia. Echange à peine cordial, presque suspicieux : « Pourquoi venir à Station F alors qu’on a un centre d’accueil pour recevoir les cotisants à proximité (180 mètres exactement, pour être précis) ? Est-on certain que les startups vont avoir envie de rencontrer des équipes de l’Urssaf ? Pourquoi faire un traitement spécifique pour les startups ? ». Sensation de prise en étaux, moi qui pensais arriver avec un projet génial porté par la Mission French Tech, et me voilà interrogé sur le bien fondé de l’idée. (Depuis, les relations sont excellentes avec Laetitia!).

Pour autant, ses questions étaient pertinentes. Et les réponses, simples. Notre objectif est de faciliter la vie des entrepreneurs de l’écosystème, il faut donc que les services publics connaissent bien les spécificités des startups pour mieux les accompagner et, quand c’est nécessaire, s’adaptent à leurs besoins. Au sein de French Tech Central, l’Urssaf commence à créer une proximité avec ces acteurs, incomparable avec la présence d’un bureau classique, si près soit-il.

Mais les startups allaient-elles réellement y solliciter l’Urssaf ? Aucune certitude alors que le bâtiment était à l’époque encore en chantier et que jamais n’avaient été réunis tous ces acteurs publics (Bpifrance, douanes, CCI, Inpi, Agence nationale des fréquences, Arcep, Direccte, CNIL, CNES, etc) dans un même lieu. Malgré ces interrogations et l’incertitude qui planait, la direction de l’Urssaf Ile-de-France accepte, prend un risque, avec le soutien de la préfecture de région d’Ile-de-France, toujours moteur dans le projet. Elle lance un appel au sein de ses services : « Qui veut rencontrer des startups à Station F ? », sans savoir s’il y aura des agents volontaires pour aller conseiller des entrepreneurs qui, il faut bien le dire, ont envie de passer le moins de temps possible avec l’Urssaf, et qui ont pour certains connus quelques problèmes avec l’institution… Surprise, plus de 50 agents de l’Urssaf, de toute l’Ile-de-France, se déclarent volontaires pour cette expérimentation. Station F, et au-delà les startups, sont devenues un sujet de discussion au sein de toute l’Urssaf, de la direction aux agents des centres d’accueil !

Septembre 2017: Ouverture des portes et bilan des premiers jours

Vendredi 22 septembre

14H45: En ce vendredi après-midi, les premières offices hours proposées aux startups par French Tech Central sont officiellement ouvertes. L’Urssaf fait partie des premiers à se lancer. Les créneaux ouverts sont le jeudi suivant, 28 septembre. L’horloge tourne. Une heure passe, rien. Deux heures, aucune inscription. Un petit doute s’installe. Avait-on engagé les équipes de l’Urssaf pour rien ?

16H55: Soulagement. Première startup inscrite. Elle est incubée dans Station F, avec un produit dans le retail.

Lundi 25 septembre

Aucune inscription. Le doute revient. L’Urssaf s’interroge. (Et moi avec).

Mardi 26 septembre

11H28 : Deuxième startup inscrite. La pression baisse. Elle propose une solution digitale pour permettre à toute personne de créer et de diffuser des vidéos.

Mercredi 27 septembre

19H11 : Inscription d’une troisième startup, qui propose une application d’assistance à la conduite qui récompense le comportement éco-responsable au volant. Un entrepreneur de la Tech for Good dans les premiers, c’est aussi un signal positif.

19h12 : Quatrième inscription, d’une startup de la Fintech. Les quatre premiers créneaux proposés sont complets.

Jeudi 28 septembre

C’est fait. Les quatre premiers entrepreneurs sont reçus par l’Urssaf, surpris d’être en contact avec « de vrais agents », avec un accès à distance à leurs dossiers et « en capacité de traiter des demandes en direct », témoignent Mourad et Jean-Daniel, deux personnes importantes dans le dispositif mis en place par l’Urssaf à French Tech Central.

Premières semaines à Station F

Jeudi 30 novembre

14h18 : Réunion du CODIR de l’ACOSS (« l’Urssaf nationale »), de passage à French Tech Central. Nous évoquons avec les membres de ce board deux sujets relatifs aux startups et  importants pour l’écosystème French Tech : les startups en hypercroissance et les entrepreneurs étrangers. Accord de l’Urssaf pour travailler sur ces sujets.

14H30 : Mourad évoque les principales questions soulevées par les entrepreneurs pendant les office hours: premier recrutement, premier stagiaire, alternant. Il en profite pour « pitcher » les 13 Métropoles French Tech, en rappelant l’importance de se rapprocher des startups dans ces écosystèmes “en régions” au coeur de la dynamique French Tech, dans lesquels l’Urssaf devrait adopter le même modèle qu’à French Tech Central.

Vendredi 15 décembre

12H03. Une startup me contacte dans l’urgence pour avoir une attestation de l’Urssaf, nécessaire pour avoir un financement de Bpifrance. A défaut, l’entrepreneur ne pourra payer ses salariés en décembre.

12H17 : Je contacte l’Urssaf.

14H15 : L’Urssaf appelle l’entrepreneur.

14H30 : Le problème est identifié. Lundi, l’attestation lui est délivrée. L’entrepreneur et cofondateur de la startup Medway, Philadelphe Knellwolf, témoigne : “La présence de l’Urssaf parmi les services publics de French Tech Central m’a permis d’obtenir à temps des documents importants pour mon financement, en identifiant rapidement les bons interlocuteurs, ce que je n’aurais pas pu faire tout seul, y compris un jour où l’Urssaf n’était pas physiquement sur place”.

Après quelques mois, la présence de l’Urssaf est bien identifiée

30 janvier 2018

Un groupe d’une vingtaine de personne entre dans l’espace de coworking des services publics, à French Tech Central. Un homme présente l’offre de services publics pour les startups. La CNIL, les douanes, Bpifrance, Business France… plusieurs acteurs sont cités. Puis j’entends : « et l’Urssaf, qui fait un carton ». Rires dans l’audience, mais surtout (bonne) surprise de voir l’Urssaf venir dans un lieu de l’écosystème. Cet homme, cet ambassadeur valorisant l’action des services publics, c’était Xavier Niel, devant une délégation visitant le campus. Xavier Niel, promoteur de l’Urssaf, on pourrait en faire un film !

Six mois d’ouverture – l’heure du premier bilan

Au-delà des anecdotes, quel bilan tirer de la présence de l’Urssaf à French Tech Central ?

  • Tout d’abord, la proximité permet de mieux informer les entrepreneurs, de leur faire gagner du temps, et parfois de traiter dans l’urgence des demandes de startups.
  • Cette présence permet également à l’Urssaf d’intégrer des enjeux importants pour l’écosystème de startups: l’hypercroissance et attirer des talents étrangers.
  • Enfin, elle donne lieu à un début de changement culturel, grâce à une meilleure connaissance du monde des startups de la part des équipes de l’Urssaf (elles parlent désormais plus d’entrepreneurs que de « cotisants »).

 

Cette proximité est un vrai avantage pour éviter d’arriver à des situations critiques. Malgré tout, cette présence de l’Urssaf n’a pas supprimé les situations dans lesquelles des entrepreneurs se retrouvent en difficulté suite à une saisine de sommes importantes sur leurs comptes bancaires, parfois avec surprise. Il y a aussi eu quelques entretiens « chauds » ces derniers mois, même s’ils restent rares. Mais le fait d’en arriver là est une bonne nouvelle : la première étape de la présence de l’Urssaf, apporter un accompagnement de proximité, accessible et réactif, est réussie. Rien n’est parfait, tout est à améliorer, mais la prise de risque de la direction et des agents de l’Urssaf en venant ici à French Tech Central, est une vraie avancée.

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