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Avec le programme France Digitale Campus, les députés font leur classes numériques sur l’intelligence artificielle et la Blockchain. KMF était présent pour leur première rencontre au sommet, à Station F.

Ils sont une dizaine en rang serré à Station F par cette matinée rude et froide du 16 mars pour le premier module du France Digitale Campus. Cette petite troupe des députés compte bien faire ses armes en prenant le train du numérique. Après tout, laptops et smartphones siègent désormais à l’Assemblée Nationale, et ce n’est qu’un début. Mais l’essor de nouvelles technologies aidant, nos députés vont encore devoir monter en grade. Car il en va de la sécurité nationale et du bon devoir du législateur. Au programme de la matinée :  intelligence artificielle et blockchain ! Deux bêtes curieuses – si chères à l’écosystème start-up – qui nourrissent angoisses névrosées ou espoirs délurés. Sans juste mesure. A écouter béatement l’imaginaire collectif, il s’en faudrait de peu pour que nos têtes chenues de la politique soient hic et nunc remplacées par l’AI au Palais Bourbon… Quand la Blockchain pourrait, elle, mettre à nu les arrangements fiscaux de certains parlementaires, dans une société toujours plus transparente.

Démystifier pour mieux légiférer

L’ambition du programme de France Digitale Campus est donc double. Du côté des intervenants et des participants, l’enjeu est de déconstruire les idées reçues sur ces deux sujets (et bien d’autres à venir), tout autant que de sensibiliser les députés présents à leurs applications actuelles. Et cela pour que les élus de la nation puissent légiférer en connaissance de cause.  Ainsi pour Isabelle Ryl, directrice générale déléguée aux partenariats industriels de l’INRIA et qui intervient sur l’intelligence artificielle, sa présentation vise à “démystifier les craintes, mais aussi les espoirs, qui entourent ce champ de recherche”. “Il s’agit de sensibiliser à l’état actuel du marché, pour permettre la mise en place d’une réglementation adaptée”, explique-t-elle. Même écho pour Didier Baichere, député LREM des Yvelines et vice-président avec Cédric Villani de l’OPECST (la mission parlementaire chargée d’évaluer des choix technologiques comme l’algorithme APB et les compteurs connectés). Ses raisons de monter au front numérique ce matin ? Parfaire ses connaissances sur l’intelligence artificielle, pour mieux informer ses compatriotes députés et sénateurs, et surtout en comprendre les acteurs et leurs modèles économiques.

Côté France Digitale, le défi est de taille pour l’association qui souhaite avec ce module devenir «l’IHEDN du numérique ». Et tandis que cet institut de formation des décideurs politiques à la défense nationale prépare à l’art de la guerre, le campus de France Digitale cherche, lui, à “promouvoir l’esprit de défense” – pour reprendre la formule de l’IHEDN – d’un territoire national aux frontières désormais numériques. Si vis pacem para bellum numericum.

Des députés stratèges

Face à la concurrence internationale, l’investissement dans les start-ups de l’IA est stratégique : à en croire notre célèbre joueur des trompettes de l’apocalypse, Laurent Alexandre, les intelligences se font même la guerre. Et les récentes déclarations sur l’extension du décret Montebourg – contre laquelle France Digitale est déjà montée au créneau – témoignent d’un manque d’alignement que le Campus pourrait compenser. Autrement dit pour Isabelle Ryl, “permettre l’investissement au bon endroit et au bon moment”.  Bien sûr, les députés – majoritairement LREM – sont sensibles à l’importance d’un leadership français sur les questions d’économie numérique, comme le souligne le député européen Alain Lamassoure. C’est aussi ce que défend Jean-Michel Pailhon de Ledger, dont la start-up a réalisé l’une des plus importantes Série B du secteur Blockchain en janvier dernier, à hauteur de 75 millions de dollars. “Ce n’est pas simple d’acculturer à la sécurisation de la blockchain”, relate-t-il, et pourtant les enjeux sont de taille. “On manque souvent d’éléments pour légiférer”, constate Alain Lamassoure, et sur ce type d’avancées technologiques, “le risque est d’intervenir trop tôt, ou trop tard”.

La formation est donc pour lui un “investissement intellectuel” qui désacralise la mission du député : “une fonction comme les autres” où la formation permanente, digne d’un entraînement de para, est de rigueur. Plus encore, c’est à un changement profond de culture de la part des décideurs politiques qu’en appellent les députés réunis, qui revendiquent comme Didier Baichere une expérience professionnelle où l’acculturation est nécessaire (auparavant directeur des ressources humaines d’Alcatel Lucent France). Mais à quelle fin ? De toute évidence, faire la démonstration d’un renouvellement de la classe politique, cette “Assemblée renversée” dont parle le député, mais aussi pallier au déficit de confiance provoqué par des choix technologiques controversés. Un effort de pédagogie partagé, donc, avec les acteurs de la tech mobilisés par l’association France Digitale, qui témoigne avec son Campus d’un besoin de faire ses classes…politiques.

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