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DÉBAT. Dans le monde des startups, le mot « recrutement » fait parfois peur. Très peur. Que ce soit par crainte de sacrifier son agilité sur l’autel du CDD ou qu’un CDI dégénère en (coûteux) conflit, les entrepreneurs sont de plus en plus nombreux à réclamer un contrat de travail spécifique. Alors, bonne ou mauvaise idée ? On en débat sur KMF et on veut votre avis !

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Le principe ? Nous présentons les termes du débat, vous nous envoyez vos réactions et on se charge de faire la synthèse ! Rendez-vous sur la page « Contribuer » !

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Pour un contrat de travail « coup de pouce » aux startups

Tous les entrepreneurs vous le diront : “people are key” (les gens, c’est clef, mais ça sonne moins bien). Et pour répondre aux besoins très particuliers des startups en matière de recrutement et RH (on vous en reparle sous peu), de nombreuses startups ont vu le jour (Talent.io, Payfit, pour ne citer qu’eux). Hélas, startups ou pas, tout le monde en France est logé sous la même enseigne : le droit du travail. Et pour un entrepreneur, découvrir les joies du code du travail français fait partie de ces moments douloureux où l’on hésite entre crier « À l’aide ! » et « J’ai pas demandé à venir au monde ! »

Face à cet ensemble de règles et procédures qu’en France on se (com)plait à peindre en muraille de Chine, tout le monde ne réagit pas de la même manière : certains se plient aux règles et prennent le code du travail à bras-le-corps, tandis que d’autres, fidèles au credo entrepreneurial, se mettent à chercher les moyens de contourner ou carrément changer  un système qu’ils jugent inadapté. Un contrat de travail spécifique aux startups ? L’idée est alléchante, et trouve depuis quelques temps un certain nombre de supporters en France. Ils y voient parfois le minimum syndical, prélude à un tant attendu projet de chambardement du code du travail, une volonté de Tabula rasa juridique que d’aucun accusent de vouloir jeter le bébé avec l’eau du bain.

Voici les trois principaux arguments des défenseurs d’une telle mesure.

1) Pour adapter le droit du travail à la réalité des startups

Beaucoup rêvent de faire de la France une « Start-up Republic » ! Mais, pour ce faire, il serait peut-être temps d’adapter le code du travail aux réalités de la création d’une startup :  comment des contrats de travail peuvent-ils à la fois encadrer des salariés dans des grands groupes internationaux et dans de minuscules organisations de 3 personnes ? Certains vont sans doute un peu trop loin dans cette voie (ce sont eux qui jettent le bébé avec l’eau du bain) et veulent créer des zones franches en matière de droit du travail à Paris pour aider les startups à croître plus rapidement.
Au vu de certains excès déjà constatés dans certaines startups, et vilipendés, nous avons tendance à penser qu’une telle solution risquerait surtout d’aggraver la situation. Alors pourquoi ne pas intégrer les particularités inhérentes aux startuppers dans un contrat de travail destiné à les délester, non de leur responsabilité, mais d’une partie de la complexité juridique ? En somme, accepter la réalité du quotidien et des enjeux des startups pour que celles-ci acceptent de se plier tout à fait au code du travail. La technique de la main tendue !

2) Pour soutenir la création d’emploi par les startups

L’un des grands arguments brandis par les défenseurs du contrat de travail spécifique aux startups, c’est le poids que celles-ci représentent aujourd’hui dans la création d’emplois en France. Selon une étude récente menée par Trendeo, les « sociétés de moins de cinq ans ayant un « business model innovant » ont représenté 7,5 % des annonces de créations de postes recensées en 2015 en France ». Pour donner un ordre d’idée, le cabinet de veille précise que l’industrie manufacturière en représente, quant à elle, quelque 18%. Des startups qui pèsent donc, et qui aimeraient que la société fasse un effort pour reconnaître (et libérer) leurs énergies !

3) Pour une harmonisation à l’échelle européenne

Il faut le reconnaître, les entrepreneurs américains ont un avantage : l’étendue de leur marché intérieur, avec 400 millions d’habitants, qui leur permet de scaler rapidement à moindre coût et sans complexité juridique supplémentaire. En Europe, en revanche, non seulement les startups doivent faire mieux avec moins, niveau levées de fonds, mais en plus elles ne peuvent pas compter sur l’Union européenne comme marché où s’étendre rapidement. En effet, même si on leur conseille toujours de « penser global » lorsqu’ils conçoivent leur business model, les entrepreneurs européens se heurtent aux différences entre les codes du travail des pays, les droits imbriqués entre les multiples échelons, les réglementations diverses… comme si la barrière linguistique et culturelle ne suffisait pas ! Pour Laurent Lefouet, Managing Director EMEA chez Anaplan, c’est une raison suffisante pour demander la création d’un « contrat relevant unique relevant du droit européen » pour harmoniser la réglementation – et fluidifier la création de startup : « L’Europe aujourd’hui n’est pas le grand marché domestique annoncé, malgré la libre circulation des biens et des personnes. Conséquence, quand une start-up française cherche à lever, par exemple, 100 millions de dollars pour son expansion en Europe, elle obtient au final et au mieux 10 fois 10 millions de dollars. Le développement ne peut donc se faire qu’étape après étape. On est loin du rythme réel des affaires mondiales. »

Contre une complexification supplémentaire du droit du travail

Tout ça, c’est bien… mais lorsqu’on évoque ce projet devant des startupeurs, la plupart n’ont pas la réaction escomptée : « Ca me sert à rien ! », « Quoi ? Un contrat de plus… non, par pitié ! »

Face à l’idée d’un coup de pouce de l’Etat par contrat de travail interposé, de nombreux problèmes se font jour qui pourraient rendre le projet caduque au premier chef, l’instabilité juridique, car, qui dit nouveau contrat, dit nouveaux dispositifs à connaître. Encore ! Et ça, c’est toujours un coup dur pour des entrepreneurs qui doivent sans cesse veiller à se tenir au courant des derniers changements.

Voici les 3 principaux arguments des contempteurs du projet :

1) Il est en contradiction avec la tendance de fond du marché du travail

La freelancisation, très réelle aux Etats-Unis, touche aujourd’hui tous les domaines de l’économie française. Et les startups ne sont pas épargnées : les études de l’INSEE, de l’OCDE et d’Ernst & Young convergent sur le sujet et décrivent de jeunes entreprises qui, certes, représentent 33% des créations d’emplois… mais 94% de ces créations d’emplois se font sans produire le moindre poste salarié. C’est un véritable tremblement de terre, qui ne relève pas seulement de la réponse aux besoins des entreprises, mais d’un changement de fond de notre manière de travailler.

2) Qui dit contrat spécifique aux startups dit… statut juridique des startup ?

Et ça, c’est un véritable casse-tête. Aujourd’hui, rien ne distingue une startup d’une entreprise « classique », et chacune d’entre elle a le choix d’opter pour le statut de SAS, de SARL etc. Et, de nos jours, c’est un épithète qui suscite la convoitise tant de la part des PME que des grands groupes. Alors imaginez si l’obtention de ce « statut » (que certains défendent) vous permettait d’accéder à des contrats de travail privilégiés ? Il n’y aurait sans aucun doute plus aucune entreprise pour ne pas se revendiquer de « l’esprit startup » pour espérer avoir le droit de bénéficier de ses avantages. Mauvaise idée, donc.

3) Une solution qui risquerait d’affaiblir l’attractivité des startups

La création et le développement d’un business repose aussi, en grande partie, sur la réussite de plusieurs recrutements stratégiques. Mais ces recrutements doivent faire face à d’énormes difficultés : réussir à attirer des talents dans une entreprise qui n’existe pas encore, qui est en train de se forger sa culture, avec un risque élevé et personne pour assurer le volet RH (si ce n’est le fondateur lui-même). Dans ce cadre, le CDI apparaît comme une valeur refuge : familier et garant de stabilité, le CDI rassure et permet d’attirer malgré le risque. Le retirer aux startups… c’est leur enlever une arme de séduction massive!

Ne faudrait-il pas plutôt, dès lors, repenser les contrats de travail actuels… et aider les startups à s’en servir ? Au lieu de chercher à tout prix à simplifier les dispositifs juridiques existants, dont la complexité relève principalement de leur capacité à protéger les salariés, il vaudrait mieux avoir recours à des startups d’aide juridique qui prennent en charge ces difficultés. Que ce soit en sécurisant le travail salarié (Hopwork, Open Work, Wewind, Side…) ou en faisant de cette complexité juridique sa spécialité, comme Captain Contrat ? Sur ce dernier point, on imagine créer des écosystèmes de partenaires spécialisés se partageant les tâches, plutôt que d’essayer de développer ces compétences juridiques en interne.

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Alors, le contrat spécifique startup, vous êtes pour ? Vous êtes contre ? Nous voulons votre avis ! Envoyez-le nous et on se charge de faire la synthèse ! Vous avez le droit de rester anonyme, hein, on est entre nous 😉 C’est par ici.

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